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Arts contemporains : les hoquets de l’art performance au Cameroun
Appréhendée comme une pratique imprégnée soit de la  magie, de la  violence par le public, les adeptes de cette discipline rejettent cette représentation qu’ils jugent péjorative et revendiquent la singularité hybride et fortement expressive de cette forme d’art 
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Festival Sens Interdits, France,  2017 (https://www.facebook.com/ZoraSnake)

« Mouvement » ! Ce mot aurait pu servir de pierre angulaire d’une définition simpliste pour l’art performance qui se développe au Cameroun depuis plus d’une dizaine d’année. D’autant que ses praticiens s’accordent sur le fait que le support privilégié de cette discipline est le corps humain « mis en mouvement » pour réaliser une création artistique. Ce corps pris comme médium sert à exprimer une réalité inhérente à la sensibilité du performeur. Le deuxième pôle de consensus est que la performance est un art carrefour qui rassemble et s’inspire des autres disciplines artistiques (littérature, musique, théâtre, théâtre, etc.). Si on ajoute que cette discipline est classée dans les arts visuels et est davantage adossée sur le moment de la réalisation d’une œuvre, là, pourrait s’arrêter les points de convergence en raison notamment des légères nuances et subtilités. La divergence perçue est renforcée par l’aspect éphémère de cette discipline qui ne donne pas la possibilité d’acheter, de conserver et de réexposer une performance.

Présenté comme le pionnier de la performance au Cameroun, Christian Etongo s'est fait une réligion sur cette discipline et soutient que la performance, c’est l’action. La référence aux rituels ainsi qu’aux objets régulièrement utilisés dans ses prestations sont des moyens d’explorer et d’interroger les cultures camerounaises, argue-t-il. Au-delà d’être une offre différente des productions courantes, c’est une démarche qui s’inscrit dans l’affirmation de soi, la valorisation du potentiel culturel africain et la mise en vitrine de notre société. Etrangler son corps de fils barbelés, c’est le geste posé par Raoul Zobel Snak. Lui, défend que la performance est un acte artistique que l'artiste pose dans un espace donné de façon structurée. Sur le fil de la dénonciation des maux sociaux, Raoul Zobel Snak dit exprimer son mal être. Le médium qui est son corps et qui peut bien représenter la société, laisse éclater ce qui l’agace, le traumatise. Aussi, croit-il fermement que par l’acte artistique, Il faut désobéir pour mieux organiser.
 
Par un détour de style et sur un ton presque plaisant, l’auteur de « Transfrontalier » susurre que dans une société tenaillée par des tensions de tout ordre, la performance donne l’occasion de se lâcher, de respirer, de vivre.

La Violence de l’esthétique
Du fil barbelé qui lacère un corps, des calebasses et ornements ainsi que des contorsions renvoyant aux rites sacrificiels ou purificatoires, un liquide rouge écarlate ingurgité en public en invoquant le sang humain ! La grande partie du public s’effraye devant ces tableaux culturellement référencés et ordinairement « spectacularisés ». Le même public s’indigne de qu’il considère comme une pure violence mémorielle, visuelle et gestuelle. Une violence au_délà du strict cadre symbolique. Delphin Néo, promoteur de l’association Osmose va plus loin pour définir ce courant artistique, de même que le slam, comme un anti-art. Des disciplines qui tentent d’exister et veulent s’émanciper telles des bourgeons d'autres disciplines plus ou moins normées. Ce n’est pas de la violence, c’est une réappropriation de nous-même se défend alors Gabrielle Badjeck, l’une des figures féminine émergente de ce courant artistique. Mon travail, dit-elle, est basé sur l’humain et notamment l’épanouissement de la femme.

Dans son œuvre intitulée « Wash yours hands », elle porte en débat la question de la déshumanisation, en interpellant ceux qui versent le sang. Et le nudisme qui semble choquer est une fois encore, défend-t-elle sur une pointe d’agacement, une faute de goût. Car, renchérit-elle, je propose de nous aimer, d’apprécier le corps de la femme, de regarder comment il est beau. A ceux qui font le procès des artistes qui peuvent se dévêtir sur scène, en se référant à une certaine pudeur traditionnelle africaine, Gabrielle Bajeck leur oppose les images des années d’avant les indépendances. Ces images qui, pour elle représentent l’Afrique authentique, dévoilent des hommes et femmes habillés juste d’un cache-sexe au besoin, laissant en évidence les parties sensibles léchées par le vent. Elle n'invite pas cependant a ignorer le travail et l’empreinte des artisans africains sur le tissu.

Claudel Tchinda

 

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