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Yves Eya’a ouvre la saison 2 de Cultures d’Ici et d’Ailleurs
Yves Eya’a, le directeur du Centre des Créateurs de Mode du Cameroun, au détour, du traditionnel forum de la mode et du design a soulevé les avancées mais aussi les pesanteurs avant d’interpeller les journalistes au travail de critique de la mode
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Cultures d'Ici & d'Ailleurs, mercredi 10 mai 2017, Yaoundé

La saison 2 de la plateforme Cultures d’ici & d’Ailleurs, espace d’échange et de promotion des initiatives culturelles, s’est ponctuée ce mercredi 10 mai 2017 par le visionnage d’une projection au sujet des éditions antérieures du Forum deb la mode et du design dont la 8ème édition est annoncée pour le 22 mai 2017. Un film qui a permis aux promoteurs et porteurs de projets présents de comprendre comment est organisée une édition dudit forum. Entre atelier de couture, salles d’essayage, espace de maquillage et les multiples défilés de mode,davantage, dans les résidences d’Ambassades installées au Cameroun, une idée bien claire des métiers de la mode s’en est dégagée.

Pour le principal interlocuteur, la définition de la mode est complexe. Difficile encore pour lui de parler de la mode africaine ou camerounaise lorsqu’il est adossé sur un produit comme le wax qui a carrément été imposé en Afrique. Pour lui, il est question par exemple non pas de mode africaine lorsqu’il s’agit de pagne mais de mode pagne. Et si le couturier, pour des questions de qualité et de disponibilité de la matière, utilise un tissu importé pour fabriquer son modèle, il n’y trouve aucun inconvénient. Du moment qu’il est fabriqué sur le sol camerounais, il le considère comme du « Made in Cameroon ».

Une mode élitiste ?
En posture d’analyste et de contradicteur, le journaliste culturel Parfait Tabapsi fait observer que le C.CMC est basé à Bastos, dans un quartier chic de Yaoundé au milieu des ambassades. Ses soirées de défilées de mode sont bondées de non camerounais se déroulent dans les résidences et palais somptueux. Y’aurait-il pas moyen de faire un défilé de mode dans un quartier populaire comme Mvog-Ada ? Si ce danseur de profession considère qu’il y’a de plus en plus de talents au Cameroun, il avertit qu’il est contraint de se tourner souvent vers des missions diplomatiques pour qu’un intérêt soit accordé à ces derniers. Pourquoi les institutions nationales sont-elles si réticentes à s’engager et faire pareil ? se désole-t-il. Dans le même temps, constate-t-il, il est difficile de payer le prix qui convient pour un vêtement sur mesure au Cameroun pour certains qui lorsqu’ils arrivent à Paris ou Abidjan dépensent quatre voire six fois pour la commande équivalente.
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Extraits des visuels projetés lors de Cultures d'Ici & d'Ailleurs, mercredi 10 mai 2017, Yaoundé (http://www.ccmc-cameroun.com/)

Pour Yves Ey’a, nous sommes en présence d’un complexe dont il faut se débarrasser. Au passage, il s’émeut de voir disparaitre l’œuvre extraordinaire de maitre Jean Philippe Azegué récemment disparu et dont aucune action, fait, objet ne consacre son travail. Et puis, la démarche doit se faire dans les eux sens, autant le public doit aller vers les stylistes pour voir et consommer ce qu’ils produisent autant les stylistes doivent trouver le moyens de faire connaitre leur travail.

Que deviennent les talents formés ?
À la question de Christian Nana, coordonnateur de la plateforme Cultures d’Ici et d’Ailleurs sur le devenir des talents formés,  le directeur du Centre des Créateurs de Mode du Cameroun qui revendique 80 créateurs formés dans son centre, souligne que tous les talents qui bénéficient des bourses dans les ateliers en Allemagne, en France et ailleurs reviennent souvent au pays et ne mettent pas à profit l’expérience et les enseignements acquis. Ils n’ont pas de collections, plus grave, pas d’atelier de couture. Est-ce encore à nous de leur demander de créer ? se demande-t-il sidéré.Il faut avoir de l’estime de soi, l’envie de réussir, tranche-t-il avant de souligner la conséquence de cet état de chose qui « nous gêne énormément dans la recherche desdites bourses auprès de nos sponsors ».

D’ailleurs prévient-il, nous sommes résolus de trouver des bourses en direction des pays africains où il se trouve de bons ateliers. La sélection des lauréats de la 8ème édition du forum de la mode et du design qui s’ouvre le 22 mai sera plus transparente encore. Car en plus de comptabiliser les votes des publics, les lauréats pourraient se retrouver au Nigéria… C’est aussi un moyen de montrer l’évolution de la mode sur le continent.
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Extrait des visuels projetés lors de Cultures d'Ici & d'Ailleurs, mercredi 10 mai 2017, Yaoundé (http://www.ccmc-cameroun.com/)

Le directeur du Centre de créateurs de mode du Cameroun (C.C.M.C) annonce bientôt l’installation dans son centre d’une plateforme qui permettra au public de rencontrer les designers sous le label « Escale Mode ».

Pourquoi seulement la mode et pas les autres design ?
Nous sommes focalisés sur la mode, mais en fait, le design n’est pas ignoré pendant cette semaine. Pour Yves Ey’a, cette mode met en évidence le maquillage, la coiffure, le vestimentaire, etc. Nous n’entendons pas nous éparpiller, mais faire avancer ce pourquoi nous nous sommes engagé depuis bientôt 10 ans. Au fonds, lorsqu’on aborde cette question du design, nous pensons qu’il faudrait associer les designs de différentes espèces tels que le design du mobilier et autres objets.

Critique de la mode en question par les médias
Lors des présentations des collections par les stylistes et autres défilés de mode, les journalistes sont redoutés pour leurs critiques, renseigne le promoteur du Forum de la mode et du design. Il est utile argumente Yves Eya’a que  les journalistes aillent dans les ateliers des stylistes pour comprendre et raconter l’histoire d’une collection et ne pas attendre l’espace d’une semaine pour découvrir sur les planches les créations. La sollicitation de Stéphanie Dongmo d’organiser des formations pour les journalistes en marge de ce forum est anticipée par une sortie récente effectuée avec quelques journalistes au Collège Notre Dame des Victoire de Mvog-Ada où, dit-il, on observe une démarche de création qui n’avait pas cours jusqu’alors.
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Affiche de la 8ème édition du forum des métiers de la mode et du design, 2017, Yaoundé (http://www.ccmc-cameroun.com/)

Les présidents d’Arterial network, du Cinéma numérique ambulant, de l’association des critiques de cinéma, du collectif 237 paroles ont contribué à enrichir l’échange dont le sujet s’est trouvé fort intéressant et concernant toutes les couches sociales.

Claudel Tchinda

 

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