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Perez Mekem : des lettres aux clichés
Rencontre avec un photographe qui plaide en faveur d’un retour à l’éthique professionnelle pour la revalorisation de son métier
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Perez Mekem

Pourquoi avoir choisi le nom d’artiste Perez Mekem ?
Il se trouve que j’avais un grand frère qui avait pris l’habitude de m’appeler ainsi. A l’époque, il y’avait un secrétaire général de l’Onu qui avait un prénom similaire. C’est ainsi qu’une fois devenu photographe, j’ai délibérément adopté ce pseudonyme. 

Comment est-ce que vous devenez photographe ?
Un jeudi soir en rentrant du lycée Manengouba de Nkongsamba que je fréquentais, je me suis rendu au domicile d’un camarade de classe. J’ai observé qu’à un angle de la table, dans sa chambre, il y’avait un appareil photo. C’est alors que je lui aie posé la question de savoir si je pouvais m’en servir ? Il a eu l’amabilité de me la prêter bien que l’appareil appartenait à son grand-frère, sous la promesse justement que je devrais la lui remettre dès que son grand-frère serait dans le besoin. C’est de là que tout est parti et depuis ce jour, je n’ai plus arrêté, d’autant qu’après ma première pellicule, tous les camarades ont apprécié les images que je leur ai présenté. Nous sommes en 1990. Désormais, aux récréations et aux heures de pauses, je sillonnais les salles de classe pour proposer mes services et livrer les photos déjà disponibles. Le jour où il a fallu rendre l’appareil, j’ai fais la rencontre d’un mécanographe qui m’a prêté un autre appareil. Celui d’un client qui avait été abandonné dans son atelier. J’ai donc pu continuer à faire des photos grâce à cet autre appareil et au bout d’un an, j’ai pu m’acquérir mon tout premier appareil photo : un compact. Et par la suite, il a fallu attendre 2 ans pour acquérir mon premier appareil photo reflexe, en 1993. Imaginez-vous qu’avant d’acquérir cet appareil, j’ai dû le prendre en location auprès d’un élève de la classe de terminale pendant 3 mois, à raison de 10 000Fcfa le mois.

Vous souvenez-vous de la première image que vous avez capté grâce à cet appareil photo ?
La première image, non ! Mais je sais que l’ensemble des images que j’ai réalisé dans cette première pellicule, c’était les photos de mes camarades de classe de 3ème. Tout le monde ne détenait pas un appareil photo comme cela se voit aujourd’hui avec le développement de la technologie.

Quels sont les moments forts de votre carrière de photographes jusqu’ici ?
Il y’a des photos qui me parlent particulièrement et me donnent de comprendre que si je venais à arrêter ma carrière photographique à ce jour, la postérité retiendrait quelque chose de mon travail parce que j’estime que le travail qui est fait par le photographe doit aussi servir pour la postérité. Pour moi, l’un des moments forts de ma carrière, ce sont des rencontres avec d’autres photographes d’ici et d’ailleurs qui m’ont enrichi. Depuis que j’ai commencé à faire des expositions individuelles, Je compte à cette date 5 expositions individuelles et une vingtaine d’expositions collectives au cours desquelles j’ai fais des rencontres qui m’ont fait plaisir et m’ont conforté dans cette trajectoire que j’ai choisie, au départ de manière naïve. J’ai eu des échanges avec des personnes qui visitent mes expositions et qui ont tenu des propos qui m’ont encouragé à continuer dans cette voie. J’ai coutume de dire à ceux que je rencontre que je suis un voyageur parce que pour donner de la richesse, de la pluralité à votre travail, vous ne devez pas vous enfermer, rester en un seul lieu. J’ai l’ambition de donner des couleurs d’ailleurs à mon travail pour qu’il ne soit pas figé.

L’idée du meilleur cliché, du meilleur photographe au bout de chaque année, comme sous d’autres latitudes, vous séduit-elle ?
Il est possible d’y arriver, mais pour ce faire il est urgent qu’un changement de mentalité s’opère chez les pratiquants. Il faut avouer qu’aujourd’hui, il y’a beaucoup de charlatans dans nos rangs, ajoutés aux nombreuses pratiques attribuées aux ainés et autres considérations, tout cela empêche les jeunes de rêver. Or, on se serait attendu à ce qu’une crème des photographes soit visible sur la base de leur rendu. Car, c’est à la lumière de ceux qui sont au firmament que la jeune génération va s’abreuver et décider de s’aligner pour que dans un avenir proche ou moyen, on puisse avoir quelque chose de solide.

Propos recueillis par Claudel Tchinda

 

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