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SUD 2017 : Les nuances de l’art
Les influences liées à l’espace, aux temps, aux techniques de reproduction, à la mode, aux critiques… ont été minutieusement examinée ont été analysé à l’occasion de la table-ronde du Sud 2017 portant sur « historicité et imaginaire »
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Conférence Ars & Urbis, Salon Urbain de Douala, 2017, (photo: Perez Mekem) 

« C’est quoi le rythme ? », « Que veut dire respirer ? », « Avec quel rythme devons-nous nous déplacer dans l’espace ? », « quel est le rythme du noir ? ». Cette suite de questions structurent la problématique soulevée par le curateur indépendant camerounais installé à Berlin. Bonaventure Ndikung relève que son travail porte sur les interactions basées sur les rythmes. Il s’agit d’une analyse des rythmes à travers les gestes et les actions répétitives. Une démarche conduisant à découvrir des vérités qui ne sont pas faciles à voir sur scène, confie-t-il, et qui parfois débouche sur des secrets.

Avec le rythme, on convoque la vie, conclut le biotechnologue, dans une espèce de demi-confidence. Par cette intervention, l’orateur focalise l’attention sur l’être, auteur des productions artistiques. Dans cette salle de l’Institut français de Douala transformée en laboratoire épistémologique, le philosophe Jean-Godefroy Bidima réoriente la réflexion sur l’art à travers cette interrogation centrale : qu’est-ce qu’un objet d’art ? Ladite interrogation est prolongée par une foule de questions tout aussi pertinentes dont celle de savoir qui est ce qui décrète qu’un objet est un objet d’art ?

Qu’est-ce qu’un objet d’art ?
Le professeur de philosophie à Tulane University (Nouvelle-Orléans) soutient qu’on ne peut parler d’objet d’art dans l’abstrait en oubliant la diversité des perspectives qui s’ouvre sur le sujet. Aussi, élabore-t-il sur l’appréhension spatiale de l’objet qui renvoie à l’espace-temps, au contour de l’objet, à la disposition impliquant les jeux de lumière, de couleurs, de son. Toute chose qui souligne qu’un objet appelle l’étude des surfaces, la sienne en premier lieu et ensuite celles qui l’entourent. Jean-Godefroy Bidima évoque également la superposition des temporalités qui rend complexe l’étude de l’objet d’art et signale quatre temps : le temps de la création, le temps de la circulation dans les réseaux de collectionneurs et des éditeurs, le temps de l’exposition et le temps de la signification. Cette superposition de temps est de nature à ne pas réduire l’objet à sa seule matérialité, renseigne cet enseignant qui a fait de la philosophie, de l’art et de l’imaginaire en Afrique ses champs de recherche.

S’appuyant sur la matérialité de l’objet d’art inséré dans les réseaux de diffusion, Jean-Godefroy Bidima va plus loin pour se demander comment il est possible d’étudier un objet d’art sans se référer à son expressivité, aux effets de mode, à la modification des critères de goût, à l’introduction de la technique dans la reproduction des œuvres d’art, etc. Dans cet exercice réflexif de précision, la question du statut de l’objet d’art à l’heure de la virtualisation des objets est osée. De même que l’étude des conversations autour et sur l’objet d’art avec cette question qui peut sembler déroutante : avoir produit un objet d’art donne-t-il d’expliquer sa signification ? L’artiste qui croit expliquer ce qu’il ou elle a voulu peindre, sculpter ou écrire sacrifierait la métaphysique du génie, pense l’orateur.

Les critiques d’art
Le travail des philosophes adossé sur leur lexique « prétentieux et sentencieux » est analysé, celui de la presse « qui vilipende et consacre » en s’improvisant spécialistes est aussi questionné. Jean-Godefroy Bidima indique que les médias organisent, classifient, désignent, récompensent et manipulent les intelligences. « Par l’objet d’art et ses multiples présentations, les médias essaient d’écraser la distance que tout objet d’art doit avoir avec son public. Les médias anesthésient souvent la dimension inactuelle de l’objet d’art en le rendant familier » ajoute-t-il.  

Concernant le critique d’art, le professeur Bidima le compare à un chef d’orchestre qui dirige une chorale composée de sémiologues, d'anthropologues, de sociologues d’art, des mécènes avec au milieu de cette chorale des acheteurs, des commissaires-priseurs et des conservateurs de musée. Chacun des groupes ayant un rôle bien défini. Cette configuration des acteurs détermine la domestication de l’œuvre d’art dès son inspiration et se poursuit dans sa création, son parcours et sa réception par le fait que cet orchestre travaille à assurer la réputation de l’objet d’art. La démonstration schématique explore les relations avec l’œuvre d’art. La réflexion que livre Jean-Godefroy Bidima sur le thème « Historicité et imaginaire » ouvre de belles perspectives pour statuer sur l’art public. Un art public qui invite à une étroite collaboration avec les habitants de la ville, non sans cristalliser des appréhensions sur les ressentis et les actions qui s’inscrivent durablement dans la mémoire.

Claudel Tchinda et Mosaïques

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