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Martin Ambara : « Je déconstruis la pensée qui a été fabriquée par la colonisation »
Le livre Roméo et Juliette… Assez ! transpire la révolte d’un bout à l’autre du texte.  L’auteur plaide pour une réinvention du théâtre camerounais authetique
hanoscultures.com Une martin ambara0
Entretiien avec Martin Ambara, Yaoundé, 09/09/2018 (www.hanoscultures.com)

De très nombreuses années sur scène, plusieurs pièces de théâtre jouée et enfin un livre ! Pourquoi cette longue attente ?
 Je ne me sentais pas suffisamment prêt pour devoir publier une pièce.  Parce que j’ai parcouru le monde et j’ai lu les pièces de théâtre qui sont parfois des œuvres très complètes. En tant qu’homme de théâtre, j’ai estimé que beaucoup d’auteurs qui ont été pressés de publier semblaient s’amuser avec ce travail-là. Je voulais prendre le temps de rendre mature toute les pièces que je concevais avant de commencer à publier. C’est pour cette raison que j’ai sélectionné six pièces de celles que j’ai rédigé  pour mettre dans cet ouvrage. Pour marquer la rupture avec ce que j’avais fait, j’ai choisi de commencer avec Roméo et Juliette… Assez ! Les autres pièces vont arriver et vont s’inscrire en droite ligne de la pensée qui est développée dans ce premier ouvrage.

Que voulez-vous clairement exprimer par ce titre Roméo et Juliette… Assez !
Je déconstruis la pensée qui est la nôtre ! Celle qui a été matraquée et même fabriquée par la colonisation pour essayer de retrouver une authenticité qui, en fait, n’existera pas. Parce qu’on ne peut pas parler de l’africain aujourd’hui en croyant qu’on va lui enlever la culture occidentale. La quête de l’être, c’est une espèce de quête du nouvel être qui a, en lui, entaché d’autres cultures et les résidus de l’ancienne culture. C’est cette idée que je mets en schémas dans le livre. Je dis bien schémas parce qu’un metteur en scène s’en saisissant construira différemment.

Roméo et Juliette… Assez ! À quoi renvoi cet adverbe « Assez »  qui ponctue le titre du livre ?
L’adverbe « Assez » comme vous le remarquez effectivement à cette prétention à croire qu’il y’a un peuple qui s’est placé quelque part et qui a inventé un autre peuple. Je pars du principe que les écrivains africains du théâtre de l’univers francophone sont fabriqués. On sait de quelle manière et ce n’est pas un secret. Je suis dans cette machine et je suis même le produit de cette machine. Et il est venu un moment où je refuse d’être une fabrication de tel. Ce qui induit que l’on me jugera par rapport à un autre. Cet autre à qui on attribuera ma pensée. Ce paradoxe est le théâtre en lui-même. Cette espèce de conflit interne, de dilemme insoluble semble porter les racines de la dramatique. 

L’intrigue porte bien sur l’amour ?
Oui ! Une histoire d’amour entre les africains et l’Europe. Comme dans toute histoire d’amour, il faut qu’il y’ait deux ou trois clashes

Quelle est la place de l’esthétique dans votre théâtre !
La place de l’esthétique africaine dans mon théâtre est fondamentale. Esthétique en tant que philosophie, une façon de penser l’espace, une façon de penser le corps, une façon de penser l’écriture. Surtout lorsqu’on part du postulat qu’on peut encore interroger l’oralité comme étant une forme d’écriture avec des schèmes et des schémas qui ne sont pas encore connus. 

Propos recueillis par Claudel Tchinda

 

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