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Mis Me Binga : les femmes se donnent des idées
Décrier les maltraitances et inégalités dont font l’objet les femmes, non sans s’attarder sur les pratiques négatives orchestrées par les femmes elles-mêmes
image a la une mis me binga

Si l’on peut regretter que le public ait été maigre tout au long des projections de la 8ème édition de Mis Me Binga qui s’est déroulée dans la salle Sita Bella de Yaoundé, il y’a lieu de s’attarder sur le contenu des projections effectuées par le comité d’organisation de ce festival annuel de films des femmes.

Under the bell du burkinabé Barth Lambert Oubda a frappé les esprits du point de vue de sa réalisation. 08 minutes de films avec des images fortes et référentielles mais sans la moindre parole. Le film qui s’ouvre par une image flou d’une jante de roue de véhicule accrochée dans une cours pour servir de cloche parcours de part en part les activités d’une ménagère jusqu’à la tombée de la nuit où la jeune dame après avoir servi à manger à un homme d’âge respectable, la fille seconde le monsieur dans une pièce et l’on découvre le pagne jeté sur un pan du mur. C’est alors que revient cette fois en plus clair, l’image de la cloche et elle dévoile au bas de l’arbre sur la branche de laquelle est accrochée cette jante, une fillette avec dans les mains une ardoise. Véritable plaidoyer pour l’éducation des filles, le film est touchant et fort d’émotion en raison de ce qu’il invite chaque cinéphile à faire un commentaire, son commentaire.

Le Jardin d’Akoua du Togolais Marcellin Bossou, une fiction de 26 minutes, n’est pas passée inaperçu. Il s’agit d’une jeune femme qui entretient une relation parallèle avec un menuisier duquel elle fait des avortements successifs. Sous chaque fœtus enterré, un plant de fleur est mis en terre et est flanqué d’un prénom. Il y’en a cinq qu’elle arrose avec douceur jusqu’au jour où le sixième arrive. Comme d’habitude, elle le met en terre après ignorant que son mari la voit en dans sa besogne. Lui, qui est taxé d’être incapable de féconder sa femme, après avoir voulu répudier cette dernière se retient et va à la rencontre de son amant menuisier avec qui il s’accorde pour que ce dernier repousse son épouse. Ce qui sera fait et la femme s’élancera comme une folle vers son domicile. Un film presque troublant qui a le courage de dévoiler que derrière un visage peut se cacher un trouble de la personnalité. Il dévoile un pan des travers souvent reprochés aux dames.

Le documentaire Royal Team Family du Camerounais Abdel Aziz Zra laisse quelque peu interrogateur sur la fin quant au message essentiel qu’il est censé diffuser. Il s’agit en bref d’une compétition de danse pour laquelle des filles qui se connaissent plus ou moins constituent une équipe et s’entrainent régulièrement. Et à la veille du démarrage de la compétition, elles se rendent compte que ladite compétition de danse est annulée. Le récit bout de chaine se noue en discussion sur les responsabilités de la principales initiatrice de l’événement qui n’apparaitra jamais à l’image alors que son représentant se dédouane tant bien que mal contre des filles en colère.

Ces différents sujets mettent en lumière des femmes et leurs préoccupations. Mis Me Binga 2017 s'avère un moment de détente qui amène à une profonde réflexion sur les rapports sociaux et interindividuels.

Claudel Tchinda

 

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