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Marcelin Vounda Etoa : « Il y’a à la fois de très bons professionnels et beaucoup d’amateurs »
Expliquant la vitalité de l’édition au Cameroun, il observe tout de même la défaillance du circuit de distribution et de commercialisation du livre ainsi que le faible arrimage aux nouvelles technologies
image a la une Marcelin Mvounda Etoa bon
Hotel Hilton, conférence régionale  de haut niveau sur l'édition en Afrique, 22 novembre 2017  (www.hanoscultures.com

Quel est l’état des lieux de l’édition du livre en Afrique?
En fait, c’est un état des lieux contrasté. Il y’a à la fois de très bons professionnels et beaucoup d’amateurs. La réalité est que c’est difficile dans un environnement comme celui-là, si on ne fait pas la part des choses de ne pas avoir le sentiment que ça ne va pas très bien. Dans le secteur de l’édition du livre et du manuel scolaire par exemple, on a de très bons éditeurs qui sont submergés par de nombreuses personnes appâtés par le gain. Cette dernière catégorie  qui vient grossir le rang des éditeurs. Ces derniers n’ayant pas toute l’expertise font des productions qui devraient être améliorées.
Dans le secteur de la littérature générale, il y’a une vitalité de l’édition depuis que les premiers produits de l’école qui forme dans les métiers du livre ont été mis sur le marché. Il y’a de l’inventivité, il y’a de la créativité, mais la taille des structures devraient être améliorées. Puisque ce sont généralement des petites maisons qui font de petits tirages de 300 à 500 ouvrages. De plus, le circuit de diffusion et de commercialisation du livre est totalement défaillant. Dans la pluparts des villes du Cameroun, à l’exception de Yaoundé et Douala, on a plus de papeterie et de kiosques à journaux où on trouve quelques livres accidentellement que de vraies librairies. Dans les grandes villes, il y a en moyenne 2à 3 bonnes librairies qui ne souvent pas à la pointe de l’actualité. Vous ne trouverez pas le dernier prix Goncourt, le dernier prix Nobel, le dernier prix Terre Afrique noire disponible dans ces espaces-là.

Y’a-t-il une corrélation entre cet état de lieux et le constat que le public ne lit plus ?
Non ! les consommateurs ne lisent pas. Je viens de commettre un article qui va paraitre dans les prochains jours dans la presse pour dire que les camerounais ne lisent pas, mais ils ne sont pas à blâmer. Parce qu’il y a toute une infrastructure qu’il faut mettre en place pour encourager la lecture. Si vous n’avez pas de bibliothèques dans les familles, Si vous n’avez pas de bibliothèques à l’école, Si vous n’avez pas de bibliothèques à l’Université et si par-dessus le marché vous n’avez pas de librairies viables, vous ne pouvez pas espérer que les gens lisent comme on lit ailleurs.

L’avènement des TIC n’a-t-il pas permis d’améliorer le niveau de lecture ?
Pas du tout !  Quelques  personnes découvrent les livres numériques avec les outils pour les lire : tablettes et liseuses. En règle générale, j’observe que les TIC n’ont pas et jusqu’à présent n’influencent pas la consommation du livre au Cameroun.

Les modes de commercialisation en ligne ont-ils évolués pour autant ?
Pour le moment, les éditeurs locaux n’ont pas la technologie pour mettre la place les mécanismes de paiement en ligne. C’est ce qui fait que sans cet outil final, qui permet de capitaliser l’effort, que nous passions à la publication des livres électroniques. Pour le moment, ceux qui ont des liseuses ont des livres auxquels on accède gratuitement. Vous ne trouverez pas beaucoup de nouveauté dans les liseuses. Ce sont des livres qui sont tombés dans le domaine public en règle générale.

Que peut apporter la conférence sous régionale de haut niveau sur l’édition sur le secteur de l’édition en Afrique ?
C’est la sensibilisation de ceux qui ont le pouvoir de décider. Et je pense que dans un pays comme le nôtre où tout est priorité, une rencontre comme celle-ci montre l’importance que le livre a ailleurs et permet d’ajuster les opinions en raison de cette importance, si on veut se mettre au niveau international. Que le Premier ministre viennent ouvrir une rencontre parrainée par le chef de l’Etat sur le livre est un indicateur que désormais tout dossier qui arrive sur la table des ministres et du Premier ministre aura l’attention qu’il mérite. C’est ce qu’on espère dans tous les cas.

Propos recueillis par Claudel Tchinda.

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