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« La paix est un bien fragile à préserver » Ebah Essongue
Un Concert dédicace de la présentation officielle de la chanson « Gondal » aux autorités et au public est prévu le samedi 26 octobre à Garoua. Le directeur artistique du projet nous éclaire sur les contours et la préparation de cette initiative

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Les artistes de l'album du projet pour la promotion du vivre-ensemble, Equal Access; 2017

Vous travaillez, depuis peu, sur un projet artistique pour la promotion de la paix et du vivre-ensemble. De quoi s’agit-il concrètement ?
Il s’agit d’un projet initié par l’ong Equal Access, dans le cadre de son projet Promotion de La Paix au Cameroun (CP3). Concrètement il était question pour moi en tant que directeur artistique du projet de mobiliser des artistes pour l’enregistrement d’une chanson à thème qui serait un hymne à la paix et au vivre ensemble. Le produit final s’intitule « Gondal » qui veut dire ensemble.  Au casting, on retrouve l'artiste international Isnebo, Alfa Barry, la rappeuse Kadidja, Stephanie Diallo, Spenso du groupe Sérum, Gaadal G, Benhony et Pikasso. Le projet a entièrement été réalisé au Nord Cameroun plus précisément à Garoua pour les prises de voix et Maroua pour le tournage du clip qui a débuté par Garoua.

Qu’est ce qui a bien pu motiver, la mise en route, d’une telle initiative ?
Lorsque vous êtes dans cette partie du pays, avec le contexte sécuritaire qui prévaut vous comprenez très vite que la paix est un bien fragile qu’il faut à tout prix préserver. Il est bien plus dur de combattre les inégalités et de répondre aux besoins des populations en difficulté dans un monde où la paix est en retrait. Et sans la paix et le vivre ensemble, il est impossible d’envisager un quelconque développement. Donc notre responsabilité en tant que leader d’opinion est d’attirer l’attention des populations, des leaders religieux, des Organisations de la société civile (OSC), etc. La préservation de la paix et du vivre ensemble est l’affaire de tous, l’ong Equal Access l’a très vite compris et nous ne pouvons que la suivre dans ce sens.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce concept ?
Tout a commencé en 2016 lorsque nous avions sollicité Equal Access pour nous accompagner dans le cadre de notre festival le Woila Hip Hop. A l’époque, Erik van der Schaft, l’ancien directeur des programmes de l’Ong Equal Acces avait été séduit par un précédent projet que nous avions produit, il s’agit le projet Sahel hip hop. Il a donc souhaité que l’on reproduise le même projet mais cette fois-ci en arborant des tenues d’ambassadeurs de la paix et du vivre ensemble. Pour moi, faire de la musique c’est aussi s’engager. L’idée nous a tout de suite emballés et nous avons posé ensemble les bases du projet. Mais quelques temps après Erik a dû quitter le Cameroun et le projet a été rangé dans les tiroirs. C’est le nouveau chef des programmes, Bertrand Dimody, qui après sa prise de fonction a ressuscité le projet avec ses collaborateurs. La machine s’est remise en marche pour aboutir 07 mois après, à ce résultat.

Pourquoi le choix de la musique pour promouvoir la paix et le vivre-ensemble plutôt qu’un livre, une pièce de théâtre ou de la peinture ?
La musique permet dit-on d’adoucir les mœurs. Les modes de communications traditionnels et modernes incluent la musique qui est vecteur essentiel dans la transmission des messages. En effet, différentes personnes chantent, chantonnent ou écoutent de la musique à tout moment de leur journée. Et dans cette partie du pays pour toucher la population il y a pas mieux que la musique et l’on peut diffuser à travers les radios, on peut la télécharger dans son téléphone et la partager. Pour nous, c’était le canal le mieux approprié surtout que les artistes chanteurs sont des porte-voix exceptionnels et des bons influenceurs de la jeunesse. Mais, nous n’excluons pas d’utiliser dans l’avenir par exemple le théâtre dans le cadre d’un autre projet.

On note que concernant la musique retenue pour ce projet, il s’agit de musique urbaine avec une forte prépondérance du rap. Qu’est ce qui justifie ce choix ?
A la base, c’était un projet purement hip hop parce que les artistes contactés au départ sont les rappeurs. Mais par la suite, nous avons décidé d’ouvrir le projet, pour intéresser toutes les générations, en faisant appel à des artistes tels que Isnebo ou encore Alfa Barry qui sont des artistes sahéliens faisant de la musique tradi-moderne. Cette fusion de rythme entre le rap et la musique sahélien a donné de l’afro trap. On écoute le message, mais on peut également danser, et c’est aussi le but recherché. Je travaille dans la sphère culturelle au Nord Cameroun depuis plus de 10 ans et je connais parfaitement le milieu artistique de cette partie du pays.

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Vue rapprochée de la pochette de l'album « Gondal » qui veut dire "ensemble", 2017

De quoi parle, en résumé cette musique ?
La chanson prône la paix et encourage le vivre ensemble, d’où le titre Gondal. 

La langue principale retenue pour la chanson, le Foufouldé, ne confine-t-elle pas le message pour les régions du grand Nord alors que le vivre-ensemble interpelle les habitants de tout le pays ?
Non, je ne pense pas ! Déjà, il n’y a que trois artistes qui déclinent leur message en fulfuldé dans la chanson. Nous avons aussi l’anglais et le français par souci justement d’être compris par tout le monde. En outre le clip vidéo a été sous-titré en français et en anglais. On envisage même un sous-titrage en Haoussa. Donc, nous étions conscients de la barrière linguistique dès le départ du projet et c’est aussi pour cette raison que nous avons été vigilants et nous nous sommes rassurés que le fulfuldé, le français et l’anglais allaient être les langues utilisées dans la chanson.

Quel a été le mode de recrutement des artistes qui ont posé la voie sur cette chanson ?
Nous avons proposé à Equal Acces les artistes selon un profil bien défini, ils ont pu écouter leur composition et les voir même sur scène lors du festival Woïla Hip Hop 2016. Equal Access nous a entièrement fait confiance sur ce coup et c’est l’ong qui a proposé Isnebo, un choix que nous avons tout de suite validé car derrière ce projet il est aussi question d’un partage d’expérience entre les participants. Isnebo, c’est une autre dimension et sa présence ne pouvait que rehausser davantage la qualité du projet.

Des activités en vue de la présentation de la chanson aux autorités et aux publics sont annoncées. Comment cela s’articulent jusqu’ici ?
La chanson sera présentée officiellement aux autorités et au public le samedi 26 octobre lors d’un concert dédicace prévu à la salle des fêtes et de la culture de Garoua à partir de 15 heures.

Avez-vous déjà une idée de la suite à donner à ce projet après la mise à disposition du public des supports confectionnés et des messages conçus ?
Pour l’instant, nous sommes dans la phase de promotion de la chanson dans les médias et auprès du public. On a un clip vidéo que nous souhaitons faire diffuser sur toutes les chaînes de télé et faire tourner la chanson dans toutes les radios du pays. C’est ce qui nous occupe pour l’instant. Mais bien évidement nous envisageons une suite qui dépendra surtout d’Equal Access qui a mis en œuvre tous les moyens pour que ce projet puisse voir le jour.

Propos recueillis par Claudel Tchinda

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