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« Douala mérite d’avoir des espaces où on voit  les œuvres des camerounais »
Les réussites, échecs aussi sont recensés dans cet entretien qui permet de comprendre les thèmes développées à l’occasion des quatre éditions du SUD
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Marilyn Douala Bell, SUD 2017, (Photo : Perez Mekem)

Pouvez-vous nous retracer le parcours du SUD depuis 2007 ?
L’édition de cette année qui a pour thème la place de l’humain est une édition charnière. Mais nous avons toujours tenté de travailler sur la place de l’humain, tenter de trouver les mécanismes qui donnent de la visibilité, de la dignité à des personnes qui habitent dans cette ville de Douala. La question humaine a toujours été au centre de nos préoccupations. De toute façon, l’art est toujours marié avec l’homme, avec l’émotion, avec l’expression, avec la représentation et c’est toujours l’humain qui est derrière la question artistique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le premier SUD avait pour thème « la ville dans tous ses états ».
Evidemment, il faut dire que Doual’art est très attachée à la ville de Douala et utilise la ville de douala comme terrain d’expérimentation. En 2007, il était question de trouver des formules qui permettent d’aller vers les gens, d’aller vers leurs pratiques. En se posant les questions par quel bout tirer pour dénouer cet enchevêtrement de personnes, de cultures, d’histoires, et de statut social ? Comment dénouer cet enchevêtrement avec les mythes du passé, les traditions, la modernité ? C’est à cette occasion que la statue de la nouvelle liberté a été inaugurée. La ville dans tous ses états était le point de départ de notre réflexion pratique comme cas d’étude sur la ville de Douala. Et cela justifie le fait que Doual’art est un laboratoire.

Après cette première grande édition de 2007, il y'a les deux précédentes éditions de 2010 et 2013 ?
La deuxième édition avait pour thème « l’eau et la ville ». Un thème très précis, très pointu. Nous étions persuadés que les artistes allaient introduire une discussion sur l’accès à l’eau, sur la pluie et l’inondation, l’inconfort et les difficultés de vivre dans cette ville. Mais ils ont fait des propositions assez intéressantes. Par exemple, le jardin sonore de Lucas Grandin. Une artiste Kenyanne comme Atoma Linda a réalisé une performance qui parlait du mythe de Mami-wata et qui nous a fait découvrir que la représentation du Mami-water venait du Nigéria et même qu’il existe le Papi-water. Grâce aux artistes, on découvre des choses qui sont cachées quelque part. La troisième édition était placée sous le thème « Douala métamorphose ». à cette troisième édition, on rentre dans une acception plus philosophique du Sud, on travaille sur la ville mais c’est surtout comment faire corps avec des espaces et leur donner plus de sens ?
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Marilyn Douala Bell, inauguration de "La Station de la liberté", SUD 2017, (Perez Mekem)

Quels sont les problèmes attachés à la mise en œuvre de l’art public ?
A la troisième édition en 2013, il y’avait un projet global pour travailler sur cette métamorphose, et nous n’avons pas pu donner de la visibilité aux travaux des artistes camerounais sélectionnés. L’idée  était de faire un jardin de sculptures d’artistes camerounais. L’œuvre d’Hervé Yamguem et Hervé Youmbi devaient être parties prenantes de ce jardin. Mais pour des raisons qui jusqu’à maintenant restent nébuleuses, nous n’avons pas pu inscrire ces œuvres dans ce jardin. Dans le film que Laure Poinsot a réalisé sur le Sud 2013,  il y’a des interviews de ces artistes, notamment Hervé Yamguem qui s’exprime dans une poésie d’une justesse et d’une frustration contrôlée.

Avez-vous pensez à relancer l’idée du jardin de sculptures pour donner une visibilité aux œuvres qui y étaient destinées ?
Nous n’avons pas relancé le projet de jardin de sculpture parce que nous n’avons pas eu l’énergie pour cela. On ne l’a pas fait parce qu’on n’a pas eu le temps, mais ça reste un projet parce que Douala mérite d’avoir des espaces où on voit  les œuvres des camerounais. Il y’avait aussi une œuvre de Justine Gaga qui a été conçue ici et primée à Dakar. De même il y avait une œuvre de Joseph-Francis Sumegne. Pour la petite histoire, lorsqu’il a créé la statue de la nouvelle liberté au rondpoint de Deido, il avait en projet de mettre des balises qui convergent vers le rond-point, mais il n’a jamais pu mettre ces balises qui existent. C’était un jardin d’œuvres d’art majeurs d’artistes majeurs sur la scène camerounaise. Donc, nous allons le faire !  J’en ai pris l’engagement.

Propos recueillis par Claudel Tchinda

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