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« Une partie de l’humanité ne faisait pas partie du projet des droits de l’Homme »
L’écrivaine camerounaise s’attarde sur la question de l’humanité en s’appuyant sur les droits de l’Homme. Elle s’intéresse aussi au devoir de mémoire évoqué au cours du débat sur l’historicité et l’imaginaire à l’occasion du SUD 2017
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Hemley Boum, Salon Urbain de Douala, décembre 2017, (Photo : Perez Mekem) 

Pourquoi la notion de l’humanité se réinscrit dans l'actualité et est davantage questionnée ?
Cette question de l’humanité a été abordée dans le sens de dire qu’il ne faut pas oublier que les droits de l’Homme ont été mis en place à l’époque ou toute une partie de l’humanité n’était pas du tout considérée comme faisant partie de cette humanité et qu’aujourd’hui, il faut repenser ce rapport avec les droits de l’Homme. Mais en même temps, il y’à le fait qu’en tant que personne, les gens au quotidien n’ont pas le temps de réfléchir sur les grandes théories. Notamment, comment on va procéder pour faire partie de l’humanité théorique? Ils se pensent en tant que personne. C’est cela qui est respectable et il faut le respecter.

L’évocation de la violence dans la société en rapport à l’œuvre de Sylvie Blocher ne traduit-elle pas un mal-être?
La violence fait partie de notre vie. La violence que nous subissons, la violence que nous voyons et la violence qui peut être jugée acceptable pour s’imposer : celle de s’imposer ou d’imposer son histoire aux autres. Ce qui est intéressant est que le public s’est approprié ce thème et l’a ramené à sa vie de tous les jours, aux combats qui sont les leurs dans l’espace qui est le nôtre et dans le pays qui est le nôtre. Et cela en toute sérénité. Ce qui est bien la preuve qu’on peut avoir un débat contradictoire. C’est un signe que c’est possible. On cohabite, en bon entente, dans ce pays depuis toujours, il n’y a pas de raison que les choses changent.

Sur la demande de pardon des colonisateurs, les avis semblent assez partagés ?
La question ne se pose pas du tout ! Si vous voulez demander pardon, demandez pardon ! C’est vous que ça regarde. Mais simplement quand vous posez un acte, vous devez accepter la réaction en face. Quand vous demandez des excuses, l’autre est en droit d’apposer une fin de non-recevoir à vos excuses, c’est aussi son droit. Il peut aussi les accepter. Dans un espace comme le nôtre, il est bien que chacun accepte à la fois de poser l’acte et d’accepter les conséquences de l’acte. De même que chacun accepte de poser l’acte et d’accepter que son acte puisse être mal interprété ou bien interprété. En tout cas, on ne peut pas donner tous les signifiants de l’acte qu’on a posé. Ça ne nous appartient plus.

Propos recueillis par Claudel Tchinda et Mosaïques

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