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Etablissements touristiques : les promoteurs crient leur désarroi
Une situation devenue préoccupante en raison des séquelles de l’état d’insécurité qui a longtemps prévalu dans l’Extrême-Nord et l’impact de la rupture d’internet dans les régions anglophones
Image a la une spiht Norber
Hotel "Porte Mayo" dans l'Extrême_Nord, 2016, (Mintourl)

Le taux de fréquentation des hôtels est en pleine chute. Pour le premier trimestre de l’année 2017, nous enregistrons des pertes avoisinant les 50 %, se lamente Chantale Lewat, présidente du syndicat Patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht). Conséquence, soutient-elle, de l’application depuis le 1er janvier 2017 de la taxe de séjour dans tous les établissements hôteliers. Dans ses articles 221-224 et C52 bis, la Loi des Finances 2017 institue la taxe de séjour, il s’agit d’un impôt nouveau introduit en cours d'exécution et qui impose de prélever une taxe sur le séjour des clients dans les hôtels. Le montant dudit prélèvement varie entre 1000 FCFA à 5000 FCFA pour chaque nuitée. 

Norbert Stede, promoteur de l’hôtel Porte Mayo dans l’Extrême Nord du Cameroun, déclare que le montant de ladite taxe est élevé. Car la taxe en question, selon Norbert Stede tutoie les 10% du chiffre d’affaire de certains établissements de tourisme. Une préoccupation corroborée par son homologue du Nord Ouest, Ngang Cletus qui observe avec regret que l’introduction de cette loi a tiré le secteur touristique vers le bas. « J’y travaille depuis trente ans déjà et je peux vous rassurer que le secteur touristique ne s’est jamais aussi mal porté ».

L’application de cette taxe de séjour a eu pour conséquence immédiate, la baisse des recettes, indique Chantale Lewat. Et d’argumenter qu’à ce rythme, les recettes vont continuer d’être en baisse puisque les promoteurs se trouvent dans l'obligation de baisser leurs prix afin de garder leurs clients et il faut craindre la compression des personnels. Aussi, les opérateurs du secteur touristique réunis au sein du syndicat Patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht) plaident pour la suppression de cette taxe.

Le tourisme au ralenti
Norbert Stede souligne que le secteur touristique dans l’Extrême Nord a été sinistré par les exactions de Boko Haram durant les trois dernières années. Et en dépit d’une situation sécuritaire nettement améliorée, les pays étrangers déconseillent toujours leurs ressortissants de se rendre dans cette partie du pays autrefois considérée comme une destination prestige. Beaucoup d’établissements restent fermées et celles qui sont en activité vivent de subsistance. En de mots voilés, Norbert Stede considère qu’il y’a comme une sorte d’escroquerie, puisque bien que les représentants du ministère des Finances aient confirmé, lors de leur tournée, que la région de l’Extrême Nord est classée « Zone sinistrée », les opérateurs du secteur touristique disent avoir été très surpris de voir que cette taxe leur était également imposée. Ce que le spécialiste de la cuisine camerounaise, Emile Engoulou, considère comme une injustice. D’après lui, cette loi loge un hôtel de même qu’un restaurant à la même enseigne qu’une cimenterie. Ce qui est, s’indigne-t-il, inadmissible, inacceptable !

À la lecture des événements, le promoteur de l’hôtel Serena de Douala, Samuel Tchangoum, constate que les textes ont été conçus, décidés et appliquées de manière unilatérale sans que les opérateurs du secteur touristiques, qui ont consentis de lourds investissements pendant de nombreuses années, soient consultés. Plus loin, M. Doumbe, un des formateurs de la chaine des métiers d’hôtellerie s’interroge ouvertement sur les mécanismes de prise de décisions.

Pour Ngang Cletus, il n’est pas question de ne pas payer cette taxe, mais plutôt qu’elle soit revisitée et rendue soutenable et pourquoi pas uniformisée. Ce responsable hôtelier du Nord-Ouest en profite pour déplorer l’état des voies de communication terrestre qui sont une explication à l’effondrement des chiffres de fréquentation des hôtels et restaurants. À cela s’est ajouté dans la région du Sud-Ouest, des difficultés d’ordre conjoncturel. Catherine Dima, directrice générale des Hôtels Fini atteste que : « la période de décembre à mars 2017 a été particulièrement difficile pour nous à cause de l’interruption d’internet dans la région du Sud-Ouest. Cette situation a entrainé la baisse drastique de nos activités et perturbé nos projections. Du coup, nous avons été obligé de mettre des agents en congés techniques ».

Au cours de la conférence de presse organisée par le Spiht le 7 juin pour porter à l’attention de l’opinion publique cet état de fait, le Spiht dit avoir interpellé, dès l’entrée en vigueur de cette loi, le ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintourl), le premier ministère, le Conseil National du Tourisme. À l’occasion, le Conseiller technique n°1 de ce département ministériel (Mintourl) a confirmé que le Mintourl est bel et bien informé sur cette question. Ila laissé entendre que de concert avec le ministère des Mines et du Développement technologiques, ils travaillaient à faire sortir de cette loi de finance 2017 les établissements de tourisme. Un argument loin d’apaiser les inquiétudes des membres du Spith qui appréhendent avec beaucoup d’incertitudes l’avenir de leurs activités

Claudel Tchinda

 

 

 

 

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